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picto Les myiases des ovins


Du grec « myia », mouche et « iase », maladie, les myiases sont des affections parasitaires provoquées par des larves de mouches communément appelées asticots. Ces larves peuvent envahir une plaie, se localiser dans ou sous la peau, dans un organe creux, dans le tube digestif, voire l’œil ! Elles se nourrissent des tissus ou de liquides organiques de l’hôte.

 

Comment se développent les myiases ?

On parle de myiase obligatoire ou spécifique quand les larves vivent exclusivement en parasites de tissus vivants, sans autre possibilité de boucler leur cycle biologique. Au contraire, certaines mouches pondant normalement dans les matières organiques en décomposition, soit les déjections et les cadavres, peuvent à l’occasion déposer des œufs ou des larves sur les plaies ou dans les cavités naturelles des animaux vivants. On parle alors de myiase facultative. Citons les genres Lucilia (la mouche verte de la viande), Calliphora (la mouche bleue de la viande) et l’espèce Musca domestica (la mouche domestique).

 

Après accouplement, les mouches femelles pondent leurs œufs sur un substrat. Au bout de quelques minutes à plus de six mois, l’œuf éclot, donne une larve (l’asticot), mesurant de quelques dixièmes à 2 millimètres. Après un certain nombre de mues, la cuticule de l’asticot durcit, elle se transforme en pupe de couleur jaune ou noire, en forme de petit tonneau, qui laissera échapper à maturité une mouche adulte.

 

Les myiases cutanées

Les animaux les plus affectés par les myiases sont sans conteste les moutons : Wohlfahrtia magnifica, une grosse mouche grise à yeux rouges rencontrée en France en altitude supérieure à 1 km et Lucilia sericata, une mouche plus petite aux reflets métalliques vert-bleu qu’on trouve plutôt en plaine, pondent des centaines d’œufs sur les blessures ou les zones humides souillées la peau des ovins.

Ces œufs éclosent rapidement et donnent des larves carnivores qui perforent la peau puis attaquent les muscles. Elles sécrètent une salive qui pré‐digère les chairs et entraîne leur décomposition ainsi que la libération de toxines rapidement létales véhiculées par le sang vers le foie et les reins.

 

L’animal est abattu, fiévreux, reste à l’écart du troupeau et meurt de surinfection bactérienne et/ou d’intoxination (diffusion de toxines dans le sang) en 1 à 3 jours. Il faut donc assurer une surveillance quotidienne des animaux pour intervenir rapidement : tondre et désinfecter la région atteinte, enlever les asticots manuellement, pulvériser un traitement insecticide (organophosphoré ou pyréthrinoides) et injecter un antibiotique longue action dans les cas graves.

 

En prévention, en période d’activité des mouches, il existe un produit à base de dicyclanyl possédant une AMM pour l’indication de prévention des myiases ovines impliquant les 2 mouches précédemment citées. Appliqué après la tonte en pour-on sur le dos et les gigots, il reste efficace durant 4 à 6 mois et son coût relativement faible est compatible avec les impératifs économiques de l’élevage ovin. Il s’agit d’un régulateur de croissance qui bloque la mue des larves. Les endectocides sont eux peu efficaces sur les myiases. De même, des traitements insecticides peuvent être employés mais doivent être renouvelés fréquemment car peu rémanents.

 

L’oestrose

L’œstrose est une sinusite due à la présence de larves de la mouche Oestrus ovis dans les sinus des ovins et des caprins. Elle sévit surtout en été et automne. Sans se poser, l’œstre projette un liquide contenant des larves au bord des naseaux des moutons qui essaient de se protéger en baissant la tête ou en l’enfouissant dans la toison de leurs congénères.

Les larves vont remonter vers les sinus, muer et être rejetées au bout d’un mois sur le sol où elles se transforment en pupe puis en adulte.

 

Les animaux parasités éternuent, un liquide muqueux et purulent s’écoule de leurs naseaux. Ils s’ébrouent, se grattent le chanfrein et ont parfois des troubles nerveux.

Habituellement, l’état général reste bon. Le traitement fait souvent appel aux ivermectines.

 

Les myiases ont une grande importance économique et causent des pertes de production considérables en élevage, voire des mortalités. La lutte contre les myiases est surtout basée sur l’emploi d’insecticides et de larvicides mais pour limiter la contamination de l’environnement et lutter contre les résistances, de nouvelles stratégies de lutte sont à l’étude, notamment des vaccins à base d’antigènes extraits des produits d’excrétion/sécrétion des larves.

 

Au niveau mondial, la myiase la plus grave est sans doute celle provoquée par la bien nommée lucilie bouchère qui pond de très nombreux œufs dans la moindre lésion de la peau des mammifères, dont les larves sont extrêmement voraces et qui se propage très rapidement car les mouches peuvent voler sur des centaines de kilomètres. Elle n’a encore jamais été détectée en Europe mais il ne serait pas impossible qu’elle voyage dans les innombrables containers et avions qui transitent quotidiennement à travers le monde.